Le manque de logements laisse les nouvelles générations sans foyer.
La crise du logement a entraîné des difficultés pour payer le loyer chez 14,8% des jeunes Européens âgés entre seize et vingt-neuf ans, selon les données d’Eurostat data publiées en 2024. Par ailleurs, 75% des personnes de cette tranche d’âge habitent encore avec leurs parents, et la moyenne d’âge à laquelle la nouvelle génération quitte leur foyer parental s’élève actuellement à 26,3 ans dans l’ensemble de l’Union européenne (Young people – housing conditions, Eurostat, 2023).

Des portes qui se ferment derrière des loyers qui grimpent
L’augmentation des prix des loyers ces dernières années n’est pas un secret. Les jeunes sont l’un des groupes les plus affectés. Trouver un logement, que ce soit pour étudier ou travailler, est devenu presque impossible sans un appui économique. Pour beaucoup d’entre eux, rester chez leurs parents est devenu moins un choix qu’une obligation. L’impact de ce phénomène est incommensurable. Cela peut signifier habiter dans une résidence surpeuplée, être sans habitation, être incapable de quitter le foyer parental ou vivre avec un manque de ressources. Dans certains cas, une grande partie du salaire est consacrée à payer le loyer, laissant peu de marge pour l’alimentation et les autres besoins nécessaires. Ces conditions fragilisent un droit fondamental humain : celui de vivre dignement.

Conséquences et réponses
Certains pays tentent désormais d’apporter des réponses concrètes. En France, les personnes peuvent accéder à une aide au logement. De plus, les autorités imposent des plafonds de loyer dans certaines métropoles afin de limiter les abus. Néanmoins, ces mesures restent partielles. Limiter les locations de courte durée, telles que les appartements de vacances ou les Airbnbs, ne suffira pas à résorber le manque structurel de marché immobilier. L’enjeu est manifeste : permettre aux jeunes de s’émanciper doit redevenir une priorité publique. Néanmoins, les réponses actuelles restent limitées, ce qui aggrave la situation. Les inégalités sociales créées par ce déficit sont colossales. La jeune classe travailleuse, les immigrés, ainsi que les étudiants qui habitent dans les grandes villes sont les plus vulnérables face à la crise de l’habitation. Les situations diffèrent selon les régions : l’est de l’Europe, notamment la Lettonie, la Roumanie et la Bulgarie, présente des chiffres de surpopulation bien supérieurs à ceux du Nord. C’est-à-dire que, dans les pays plus riches, le problème majeur est le coût. Dans ceux du Sud et de l’Est de l’Europe, la surpopulation s’ajoute au manque de ressources. Même si la crise change de visage, son impact reste indéniable.
Vivre indépendamment est une expérience vitale et fondatrice : apprendre à gérer un budget, trouver un équilibre nécessaire pour le bien-être… Ce manque de développement et de connaissances individuelles entraîne l’exclusion d’une génération. Face à cette situation préoccupante, les difficultés ne se limitent pas à l’aspect financier : la santé mentale est également en jeu. Même si l’accès à des soutiens dans les environnements universitaires, de travail, ou même à distance, s’améliore, une dépendance prolongée aux parents ou le fait de vivre dans un logement surpeuplé augmentent les risques d’anxiété et de dépression.
La construction d’une génération

L’impact que cette crise a sur les jeunes peut être irréversible. Mais les conséquences ne sont pas seulement économiques. La frustration qu’elle génère pourrait entraîner une aliénation politique future. Une fracture générationnelle se dessine déjà, entre les jeunes adultes qui souffrent d’une absence de ressources pour trouver un logement digne, et les générations plus âgées qui ont connu un achat plus accessible.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), les prix du marché immobilier, dans de nombreux pays, ont augmenté plus que les salaires.
Avoir un environnement favorable et des conditions acceptables est nécessaire pour des résultats académiques notables. Avoir un lieu de sécurité, un foyer, est un facteur crucial pour le développement ainsi que le bien-être d’un individu. La crise du logement façonne l’identité, l’indépendance et les visions politiques des nouvelles générations autour de l’Europe. Donner aux jeunes l’opportunité d’accéder au marché immobilier devrait être une priorité à l’échelle européenne : une condition essentielle pour le bien-être universel.




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Merci d’avoir proposé une réflexion aussi ample et suggestive sur ce sujet si pertinent de nos jours, en particulier pour les jeunes.