
On assiste sur les réseaux sociaux à un essor des challenges d’influenceurs essayant de vivre avec moins de 10 euros par jour. Pour eux, c’est un défi amusant à réaliser devant la caméra tandis que pour des millions de personne dans le monde, ce n’est pas un jeu, mais bien leur réalité. On estime que près de 808 millions de personnes, soit 1 personne sur 10, vivent sous le seuil de la pauvreté extrême en 2025, c’est-à-dire qu’elles ne disposent que de 2,15$ par jour.

C’est pourquoi les Nations Unies ont fixé en 2015 des Objectifs de Développement Durable (ODD) pour bâtir d’ici 2030 une société plus juste et inclusive. L’objectif de développement n°1 est d’éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et surtout la pauvreté extrême. Il est au cœur des 17 ODD puisque la pauvreté est à la fois une cause et une conséquence d’autres défis mondiaux : le manque d’éducation, les inégalités, la mauvaise santé ainsi que la vulnérabilité face aux crises climatiques. En France aussi, la pauvreté reste un enjeu majeur, comme le montre l’évolution du taux de pauvreté ci-dessous.
Selon l’INSEE, en France, le taux de pauvreté a diminué depuis les années 1970. Cependant il atteint aujourd’hui un point haut depuis le milieu des années 1990. En effet, en 2023, le taux de pauvreté est de 16,8 %, son niveau le plus élevé depuis le début de la série en 1996 (où il n’était qu’à 15,7%). On note une augmentation de 1,1 point de pourcentage entre 1996 et 2023, qui peut s’expliquer en partie grâce à la crise sanitaire de 2020. Ce taux de pauvreté croissant illustre la persistance de cette condition.
Cela souligne à quel point la lutte contre la pauvreté est complexe et pourquoi l’ODD 1 est aujourd’hui plus important que jamais.
Les principales cibles de l’ODD 1
L’ODD 1 vise en premier lieu à éradiquer la pauvreté extrême pour toutes les personnes d’ici 2030. La pauvreté ne désigne pas que le manque d’argent, elle englobe également le manque d’accès à la nourriture, à l’eau potable, aux soins médicaux, à l’éducation et à des moyens de subsistance stable (emploi…) En 2023, la protection sociale ne couvrait que 52,4 % de la population mondiale, et dans les pays à faible revenu, seulement 9,7 % des habitants bénéficiaient de telles prestations.
Puis il entreprend de réduire de moitié la pauvreté relative, c’est-à-dire la proportion d’individus vivant dans la pauvreté telle qu’elle est définie nationalement. En effet, on mentionne beaucoup la pauvreté extrême, mais peut-on réellement dire qu’une personne vivant avec plus de 2,15$ par jour ne soit pas pauvre ? Eh bien, pas forcément : le seuil de pauvreté est de 6,85$ par jour soit un peu plus de 200$ par mois, c’est 3,6 milliards de personnes qui seraient concernées par la pauvreté donc un habitant sur deux de la planète.
L’ODD1 vise également à mettre en place des systèmes et mesures pour tous, c’est-à-dire des socles de protections sociales afin que les personnes pauvres et vulnérables puissent en bénéficier. Voici une carte des dépenses des États en termes de protection sociale entre 2010 et 2015 dans le monde. Elle nous montre les inégalités présentes : plus de la moitié de la population mondiale ne bénéficie pas de sécurité sociale, ce qui la rend particulièrement vulnérable à la pauvreté
De plus, l’ODD1 cherche à réduire l’exposition et la vulnérabilité des personnes pauvres aux phénomènes climatiques extrêmes et à d’autres chocs et catastrophes d’ordre économique, social ou environnemental.
Enfin, cet Objectif de Développement Durable doit pousser les gouvernements à mettre en place, que ce soit aux niveaux national, régional ou international, des principes de politiques durables qui se fondent sur le développement des pauvres. Ainsi, ils doivent mobiliser d’importantes ressources, comme la coopération internationale afin de doter les pays en développement (les moins avancés) de moyens adéquats pour mettre en place des programmes visant à mettre fin à la pauvreté.
Les avancées actuelles
Des crises successives ont ralenti les progrès : crise du Covid-19, conflits armés, inflation et catastrophes météorologiques.
Le Covid-19 a frappé de manière particulièrement violente des pays en développement, accentuant ainsi les inégalités déjà présentes. C’est le cas du Brésil, où la pandémie a provoqué une récession économique importante et une hausse du chômage. Selon des données de la Banque Mondiale, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté de manière significative : près de 6 millions de Brésiliens supplémentaires ont sombré dans la pauvreté extrême entre 2019 et 2021. Les populations les plus touchées sont celles vivant dans les favelas, avec un accès limité aux soins, à l’éducation et à un emploi stable. Cette crise a montré combien la vulnérabilité économique est liée à la protection sociale insuffisante et à l’exposition aux crises sanitaires et climatiques, confirmant l’importance des objectifs de développement durable, notamment l’ODD1.
Que pouvons-nous faire à notre échelle ?
Si l’éradication de la pauvreté peut vous sembler une idée lointaine, chaque citoyen peut contribuer à sa manière :
Soutenir les associations et ONG : Faire un don, du bénévolat ou participer à des collectes alimentaires et de vêtements pour aider les personnes les plus démunies.
Promouvoir l’éducation et l’inclusion : Encourager l’accès à l’éducation et à la formation pour réduire les inégalités et permettre aux personnes de sortir de la pauvreté.
Consommation responsable : Privilégier des produits issus du commerce équitable ou de circuits courts, soutenant ainsi des producteurs souvent vulnérables.
Sensibilisation et engagement citoyen : Participer à des campagnes de sensibilisation, débattre de la pauvreté dans l’espace public ou soutenir des politiques locales et nationales favorisant la protection sociale.
Lutter contre le gaspillage : Réduire le gaspillage alimentaire et partager les excédents pour aider ceux qui en ont besoin.



